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Culture

Cocorico, dernier écho du griot

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Mory Kanté ne chantera plus. L’artiste musicien guinéen à la renommée internationale est mort ce 22 mai, à l’âge de 70 ans. Avec cette disparition, c’est une partie de la culture africaine et plus particulièrement guinéenne qui s’en va.

« Cocorico ! Balade du griot » est le nom de sa biographie sous forme de livre-disque parue en 2019. Lors d’un passage dans SessionLab, une émission de Radio France Internationale, il défendait son livre en ces termes. « Le reste du monde ne connaît pas l’enfance des Africains (…) c’est pourquoi j’ai fait ce disque ».


Plusieurs personnalités africaines ont rendu hommage à l’artiste. Parmi elles, le président de la Guinée, Alpha Condé. Il a rendu hommage à l’artiste dans une publication laconique sur son compte Facebook. «La culture africaine est en deuil. Mes condoléances les plus attristées. Merci l’artiste. Un parcours exceptionnel. Exemplaire. Une fierté », peut-on lire sur la page officielle du président guinéen. L’artiste sénégalais Youssou Ndour, attristé, a parlé « d’un énorme vide ressenti aujourd’hui avec le départ de ce baobab de la culture africaine ».

Le « griot électrique »

Mory Kanté naît le 29 Mars 1950 à Albadariya, un petit village du Sud de la Guinée. Issu d’une célèbre famille de griots, le destin du jeune Mory est presque tout tracé. Ses influences musicales sont diverses : salsa cubaine, rumba zaïroise, pop et rock anglos saxons, funk, etc. Après un an passé à l’Institut des Arts de Bamako, il est récruté deux ans plus tard eux , à 21 ans, dans l’orchestre Rail Band de Bamako ; l’orchestre dont Salif Kéita est le chanteur. Ce dernier quitte l’orchestre deux ans plus tard et Mory Kanté le remplace. C’est avec ce rôle qu’il se fait un nom sur le continent.


Hiver 1984, il débarque en France dans l’intention de se faire connaître en Europe. Les premiers pas sont laborieux mais Mory Kanté finit par acquérir une certaine notoriété. Il réussit à se produire dans plusieurs pays d’Europe, notamment en Italie ou sa popularité est particulièrement grandissante. Arrive en 1998, le fameux « Yéké Yéké ». Sa renommée devient mondiale, le morceau est un raz-de-marée. Cette chanson d’amour mêlant influences afrobeat, musique électronique et funk est extrait de son troisième album « Akwaba Beach ». « Yéké Yéké » est le plus important succès international de sa carrière, vendu à plus de 5 millions d’exemplaires.

Après avoir parcouru des salles du monde entier, le « griot électrique » rentre dans son pays natal et sort quelques disques qui recevront des accueils généralement en demi-teinte, certainement dans l’ombre de l’énorme « Yéké Yéké ».

Distinctions

Après avoir reçu un disque d’or en octobre 1988 en France, Mory Kanté est récompensé en novembre à Paris  par la Victoire de la musique  du meilleur album francophone. En 1994, il reçoit le « Griot d’Or ». En 2001, Mory Kanté a été nommé Ambassadeur de bonne volonté de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), organisation spécialisée du système des Nations unies , créée en 1945 au Canada  dont l’objectif est construire un monde libéré de la faim.

Balafon et kora sont désormais orphelins. Le chanteur, avec sa voix caractéristique des griots dans son genre, laisse derrière lui une discographie d’une dizaine d’albums. Une œuvre musicale qui aura participé à populariser la musique africaine et guinéenne dans le monde.

Journaliste.

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