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Covid-19 : En Afrique, des tentatives de confiner l’information

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Le coronavirus continue de se propager sur le continent africain. Dans le même temps, les journalistes et médias qui couvrent la crise sanitaire sont sujets à des actes d’intimidation, d’agression et de censure.

5786 cas pour 213 morts en date du 2 Avril, c’est le bilan en Afrique de la pandémie du Covid-19 selon le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies. La couverture médiatique de cette crise sanitaire qui s’effectue tant bien que mal se heurte néanmoins à divers obstacles. Au Sénégal, alors qu’ils étaient sur le point de faire une couverture médiatique sur le couvre-feu – instauré en raison du coronavirus – à Touba, la journaliste Awa Ndiaye et un caméraman, tous deux employés de la télévision Touba TV ont été violentés dans la nuit du mercredi 25 mars par un policier. La journaliste possédait pourtant une autorisation spéciale de circuler temporairement, remise par le préfet du département de Mbacké.


En République Démocratique du Congo, Tholi Totali Glody, reporter pour Alfajari TV, a été pourchassé puis renversé de sa moto par des policiers alors qu’il effectuait un reportage sur le confinement imposé à la population de sa province. En Ouganda, le chef du Réseau Radio Ouganda, Julius Ocungi a été agressé par les forces de l’ordre qui lui ont ensuite dérobé de l’argent et son appareil photo pour avoir tenté de couvrir la fermeture d’un bar. Plusieurs journalistes de la chaîne nigériane TVC News, embarqués avec les forces de l’ordre qui procédaient à des fermetures de lieux publics, ont de leur côté été malmenés en plus d’avoir été dépossédés de leurs téléphones par les membres d’une église de Lagos, capitale économique du pays.

En Ethiopie, deux journalistes de la presse étrangère, Tom Gardner (The Economist et The Guardian) et Robbie Corey-Boulet (Agence France Presse), ont été accusés d’être porteurs du virus par un troll suivi par plus de 30000 personnes. La correspondante du quotidien anglais The Guardian en Egypte, Ruth Michaelson, a été forcée de quitter le pays après avoir fait état d’une étude scientifique canadienne estimant que le nombre de personnes contaminées en Egypte est probablement très supérieur aux chiffres officiels.  Le Comimittee to Protect Journalists (CPJ) , organisation basée aux Etats-Unis ayant pour objet d’observer les abus contre la presse et promouvoir la liberté de la presse à travers le monde, a dénoncé cette expulsion. « Des informations précises sur la pandémie de la Covid-19 sont importantes pour la vie ou la mort des Égyptiens et du monde entier, et ne doivent pas être étouffées pour des raisons politiques », a déclaré Sherif Mansour, coordinateur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord du CPJ.

Les autorités du Nigeria et du Libéria ont décidé de limiter l’accès à la présidence à une poignée de médias, presque tous contrôlés ou proches du pouvoir. Celles du Cameroun ont exclu de la communication gouvernementale plusieurs médias privés critiques populaires. Aussi, à Madagascar, les programmes de libre antenne dans lesquels des auditeurs sont susceptibles d’intervenir et d’exprimer leur opinion sur la pandémie et sa gestion sont désormais interdits. Dans un article présent sur son site, Reporters Sans Frontières parle de « tentatives d’empêcher les journalistes de faire leur travail ».


Pour avoir révélé deux cas de coronavirus à la prison d’Abidjan dans une enquête dont les conclusions ont été démenties par l’administration pénitentiaire, le 3 Mars 2020, deux journalistes ivoiriens ont été condamnés  à 5 millions de francs CFA d’amende chacun pour « fausses nouvelles ». Respectivement au Mali et au Congo, un journaliste du quotidien L’indépendant et une équipe de la Digitale Radio-Télévison (DRTV) ont été brièvement arrêtés à la suite de reportages sur l’épidémie. 

Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de Reporters Sans Frontières a tiré la sonnette d’alarme. « S’en prendre aux professionnels de l’information est sans doute l’un des pires moyens de lutter efficacement contre la propagation du virus. Nous exhortons les autorités des pays concernés à ne pas se tromper de combat en garantissant aux journalistes la possibilité d’exercer librement leur métier sans crainte de représailles à l’heure où leur mission d’information auprès du public est plus que jamais essentielle », a-t-il communiqué.

Sources : RSF.org , Linfodrome

Journaliste.

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