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Des essaims de criquets pèlerins particulièrement voraces menacent la sécurité alimentaire de la sous-région est-africaine. Crédit Photo FAO Des essaims de criquets pèlerins particulièrement voraces menacent la sécurité alimentaire de la sous-région est-africaine. Crédit Photo FAO

Sétanal News

Afrique de l’Est : Des essaims de criquets menacent la sécurité alimentaire

Souleymane Diassy

Publié

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La sécurité alimentaire de 25 millions de personnes est mise en danger par les criquets, s’alarme l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). La situation reste extrêmement alarmante dans la Corne de l’Afrique, en particulier au Kenya, en Éthiopie et en Somalie, où une reproduction généralisée est en cours et de nouveaux essaims commencent à se former, représentant une menace sans précédent pour la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance au début de la prochaine campagne agricole.


Des immenses essaims de criquets pèlerins ont été observés dans au moins 10 pays du monde au cours des derniers mois entre l’Afrique et le Moyen-Orient.
En Somalie, en Éthiopie, au Kenya et ailleurs, ces insectes détruisent arbustes et cultures. Dans certaines régions, un péril à cette échelle n’avait pas été observé depuis des dizaines d’années


À ce stade, les éleveurs et les cultivateurs de la Corne de l’Afrique sont à la merci d’un péril bien plus grave que le Covid-19. La bestiole qui les tourmente se discerne à l’œil nu. Long de six à neuf centimètres, lourd de deux grammes, le criquet pèlerin est un désastre ambulant. Il amène la famine dans son sillage. Mais la pandémie causée par le SARS-CoV-2 annonce déjà une double peine aux terribles conséquences. À l’heure où les services de réanimation des pays développés peinent à encaisser le choc, l’insécurité alimentaire qui pointe pour des dizaines de millions de personnes en Afrique de l’Est tombe au bas de la pile des priorités.


Un essaim récemment signalé au Kenya couvrait une superficie de la taille du Luxembourg. Les bandes larvaires continuent de s’y développer et de former un nombre croissant d’essaims immatures de première génération dans les comtés du nord et du centre. Selon la FAO, une nouvelle concentration est attendue à Marsabit et Turkana. Les opérations de contrôle aérien et terrestre se poursuivent.

En Ethiopie, aucune nouvelle information n’a été communiquée par les autorités. Mais selon la FAO, des bandes larvaires continuent de se former dans une zone étendue des régions d’Oromiya et de SNNPR, y compris la vallée du Rift. Une nouvelle génération d’essaims immatures a probablement commencé à se former dans certaines zones. Les opérations de contrôle aérien et terrestre se poursuivent.


La situation est sous contrôle dans les pays suivants

Au Soudan, la situation est jugée « sous contrôle ». Même si, le 14 mars passé, deux essaims immatures sont apparus sur la côte sud de la mer Rouge. Des ailés épars le long de certaines parties de la côte.

En Érythrée, la FAO note des conditions de dessèchement sur la côte centrale et nord. Le pays a engagé les opérations de lutte contre des groupes de larves de dernier stade et d’adultes immatures dans la péninsule de Buri et dans les îles Dahlak.

Egalement, en Egypte, des groupes larvaires de dernier stade sont traités à un endroit sur la côte de la mer Rouge au sud-est.

Fin 2019, les criquets ont pénétré dans la Corne de l’Afrique, trouvant des conditions favorables grâce à un cyclone non saisonnier qui a frappé la Somalie en décembre. Cela a allongé le temps de reproduction et leur a permis de se propager dans des zones que les autorités ne pouvaient contrôler en raison des problèmes de sécurité du pays.

« Cette crise pourrait être assez longue à cause des zones yéménites et somaliennes qui ne peuvent contrôler les populations », a expliqué Cyril Piou, expert au Centre français de recherche agronomique pour le développement international.

Il a déclaré qu’au cours des décennies précédentes, les épidémies de criquets n’avaient duré qu’environ deux ans mais, sans systèmes préventifs, elles dureraient plus longtemps, se produiraient plus fréquemment et se propageraient davantage.

Sources The Guardian et FAO

Journaliste indépendant

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