Connect with us
Covid-19 Covid-19

Santé

Covid-19 : interrogations sur les cas guéris et re-testés positifs

Crédit Photo : Time Magazine
Avatar

Publié

le

Depuis plusieurs semaines, on note des cas de personnes « réinfectées » par la Covid-19, alors qu’elles étaient déclarées guéries. Le Sénégal fait partie des pays concernés. Si les causes exactes de cette situation ne sont pas encore clairement définies, il existe néanmoins des hypothèses.

Au Sénégal, il y a quelques jours, un patient de nationalité française déclaré guéri et sorti d’hôpital a été re-testé positif. Résidant dans la station balnéaire de Cap Skirring, il était alors interné au centre de traitement de l’hôpital régional de Ziguinchor pendant plusieurs jours, avant d’être déclaré guéri après deux tests négatifs, selon des informations du site E-media. Même si le dit patient a encore été déclaré guéri et sorti de l’hopital régional de Zinguinchor dans la journée du 29 avril, les mêmes interrogations sur ce phénomène sont toujours d’actualité.


Le Sénégal n’est toutefois pas un cas isolé. D’autres pays comme la Chine, le Japon, la Corée du Sud ont également eu des cas de patients « guéris puis re-testés positifs ».

Dans des propos rapportés par le journal l’Observateur, le professeur Moussa Seydi, chef du Service des Maladies infectieuses de l’hôpital Fann se montre prudent dans son analyse. « Dans le langage médical, la rechute a une signification particulière. Les termes rechute ou récidive sont particuliers. Dans un cas d’une rechute par exemple, cela signifie que le malade n’était pas complètement guéri. Ce sont des cas qui méritent d’êtres documentés », a avancé le coordonnateur national de la prise en charge médicale des patients atteints du Covid-19.

Réactivation, réinfection, les restes et les faux-négatifs 


Pour expliquer ce phénomène, quatre pistes sont privilégiées. Dans le cas de la réactivation, le virus disparaît dans un premier temps, puis se réactive. Aïssatou  Aïcha Sow, doctorante en virologie et immunologie à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) du Canada explique ce cas de figure par la latence de certains types de virus. « Certains virus peuvent être sous forme latente. Ils infectent l’individu, «dorment» et se réveillent à un moment donné. Dans ce cas, cela impliquerait que le Covid-19 une forme de latence. Les coronavirus ne sont certes pas connus pour avoir une phase de latence mais le fait est que le SARS-CoV-2 est un nouveau virus. Ceci étant, certaines informations manquent encore à son sujet ».

Par exemple, le virus Herpès Simplex 1 (celui qui donne des boutons sur les lèvres), ou le virus varicelle-zona (virus à l’origine de la varicelle ou du zona) sont des exemples de virus qui sont reconnus latents.

En ce qui concerne l’hypothèse de la réinfection, une personne totalement guérie rencontrerait une personne infectieuse et retombe malade. Selon Aïssatou Aïcha Sow, cela veut simplement dire qu’il n’y a pas d’immunité. C’est « l’une des pistes les moins privilégiées parce-que dans certains cas, le temps entre la guérison et la rechute s’avère court », indique-t-elle.

Une autre piste, les restes. « Ici, le virus arrête sa réplication mais son matériel génétique est encore présent sous forme de débris. Selon certains chercheurs, ces personnes re-testées positives ne sont pas infectieuses  pour l’instant, ce qui confirme l’idée de présence de débris. En effet, le virus a besoin d’être entier pour être infectieux », soutient la doctorante. A ce sujet, « des experts sud-coréens de la santé ont déclaré mercredi 29 avril, que les patients atteints de coronavirus récupérés peuvent avoir été testés de nouveau positifs en raison de traces de fragments de virus qui ont été inactivés », a rapporté Yonhap, l’agence de presse sud-coréene.

Enfin, il y a aussi « le test et les faux-négatifs ». Deux possibilités existent. En fait, chaque test de diagnostic a une spécificité et une sensibilité. Pour le diagnostic du Covid-19, on utilise essentiellement la méthode RT-PCR. Cette méthode permet de détecter le matériel génétique du virus. Mais, « le problème est qu’elle a une limite, elle ne peut détecter que jusqu’à un certain seuil de concentration. Si la concentration de l’échantillon est inférieure à cette limite, le résultat sera négatif malgré que l’échantillon soit positif à la base », prévient la doctorante en virologie et immunologie.

D’un autre côté, il peut arriver des erreurs lors du prélèvement et/ou du test. « L’ARN – acide ribonucléique qui est un acide nucléique essentiel dans le transport du message génétique -, ndlr est très fragile. Personnellement, j’ai déjà vu des échantillons positifs qui deviennent négatifs lorsqu’on les re-teste », laisse-t-elle entendre.

L’Organisation mondiale de la Santé a quand même tenu à rappeler, le 24 Avril,  que « jusqu’à maintenant, aucune étude n’a évalué si la présence d’anticorps anti-SARS-CoV-2 conférait une immunité en cas de réinfection chez les humains ».

Au Sénégal, en la date du 30 avril 2020, le bilan est de : 933 cas déclarés positifs,  334 guéris, 9 décédés, 1 évacué et 589 sous traitement.

Journaliste.

Suivez nous sur notre chaine youtube !