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Sétanal News

Sénégal: exploitation du zircon, quel impact social et environnemental

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Depuis 2014, la société Grande Côte Opérations exploite des sables minéralisés dans le secteur de Diogo, essentiellement de l’ilménite et du zircon. L’État du Sénégal lui a accordé une concession pour 25 ans. Le ministre des Mines a souligné jeudi 8 juillet que les « retombées de l’exploitation minière n’étaient pas suffisantes pour le Sénégal ». L’entreprise GCO insiste sur son engagement pour minimiser l’impact social et environnemental de ses activités. Mais la nouvelle phase du projet, prévue en 2023 dans la zone voisine de Lompoul, suscite des inquiétudes.

De notre envoyée spéciale à Diogo,

Tomate, chou, oignon ou pomme de terre… La zone maraîchère des Niayes est un grenier. Derrière les dunes, des champs verdoyants. Adama Ndiaye est président de la coopérative des producteurs agricoles de Lompoul. « Nous nous inquiétons. Les agriculteurs sont liés à la terre. Les champs sont des sources de vie. Il y a des membres de la coopérative qui nous interpellent : comment seront-ils dépassés, quand seront-ils déplacés, et où ? Nous n’avons pas les informations… »

Inquiétude aussi des acteurs qui travaillent sur le mini-désert de Lompoul. « Aujourd’hui, Lompoul fait partie du top 3 des destinations touristiques du Sénégal. », dit Mamadou Sène, qui gère un campement et une agence de voyages. Il poursuit : « Même au niveau des investisseurs, ils commencent à se retirer doucement, parce que ce sera une zone minière. Et ce qui va faire mal, ce sera l’impact que ça va faire sur le peu d’emploi qu’on a local ».

Ces habitants dénoncent le manque de concertation. De son côté, Grande Côte Opérations (GCO) affirme agir « en toute transparence ». Ibrahima Diop, responsable RSE et réinstallation des populations. « Nous avons parfois des impacts minimes sur ces terres pour faire passer une route, une ligne électrique ou bien pour autre chose. Mais à chaque fois, nous le faisons de manière consensuelle et participative en mettant sur pied une commission départementale présidée par le préfet pour une indemnisation équitable et responsable. »

Des infrastructures construites, mais des emplois qui manquent

Depuis le début du projet, environ 1 500 personnes ont été déplacées… GCO met en valeur les infrastructures construites : logements avec trois chambres, école, mosquée ou case de santé. Dans un village de recasement pourtant, un habitant intervient pour se plaindre de la compensation reçue, un autre demande plus d’emplois pour les jeunes de la région. « Nous avons un hôpital, un marché, et on nous dit “nous ferons des efforts pour créer de l’emploi”. Mais on attend toujours », confie un habitant.

À Diogo, GCO dit avoir créé 1 500 emplois, plus de la moitié en sous-traitance. Pour la suite du projet, Daour Dieng, président du conseil d’administration, se veut rassurant. « On va aller voir Lompoul, effectivement. Il y a la problématique des populations locales et je crois que pour ça, nous sommes très armés, on a l’expérience pour aborder ce tournant-là. Effectivement, il y a aussi les camps touristiques. C’est pour cela que nous avons engagé déjà un certain nombre de pourparlers avec l’État d’abord, mais également le service touristique régional », explique-t-il.

L’entreprise insiste sur les retombées économiques pour le Sénégal : 81 milliards de francs CFA en 2020, soit près de 124 millions d’euros. À Lompoul, les habitants attendent d’en voir la couleur.

Source www.rfi.fr


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