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Sénégal

Un plan d’action pour la restitution du patrimoine culturel sénégalais

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La Commission spéciale pour la restitution des œuvres des collections sénégalaises détenues par les musées occidentaux a présenté, mercredi, une esquisse de plan d’action recommandant la poursuite et l’élargissement du processus enclenché par le président français Emmanuel Macron.

‘’Nous avons estimé que le processus est lancé, il faut déjà l’élargir et également le poursuivre. Nous avons le +Sabre d’El Hadji Omar+ ; le Bénin a reçu 26 œuvres d’art pillées par l’armée coloniale lors de la mise à sac des palais du roi d’Abomey, à la fin du 19e siècle’’, a expliqué le rapporteur Ousseynou Wade, conseiller technique au musée des Civilisations noires.

Il estime que la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso’’ et ‘’d’autres pays d’Afrique’’ devraient suivre pour ainsi se voir restituer des œuvres d’art confisquées durant l’époque coloniale.

Il est important que d’autres pays de la sous-région et l’Union africaine s’engagent dans ce processus, a-t-il insisté, lors d’un atelier national (16-17 novembre) consacré à la restitution du patrimoine culturel africain.

La commission spéciale, qui est dans une dynamique nationale et une logique sous régionale et continentale, rappelle qu’une structure avait été mise en place en juillet 2019 par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour le retour des œuvres d’art africain.

La France, un exemple à suivre

Les membres de la commission spéciale estiment que le signal donné par la France doit être suivi par tous les pays détenteurs des œuvres africaines.

En tournée africaine à Ouagadougou au Burkina- Faso le 28 novembre 2017, Emmanuel Macron avait annoncé son engagement pour un ‘’processus de +restitution temporaire ou définitive du patrimoine africain d’ici 5 ans+.

Le 17 novembre 2019, à Dakar, le premier ministre Edouard Philippe a symboliquement remis au président Macky Sall le sabre d’El Hadj Oumar Tall.

Plus récemment, la France a procédé à la restitution, au Bénin, de 26 œuvres des trésors royaux d’Abomey, pillés en 1792 par l’armée coloniale française.

‘’Il faudrait que le signal donné par la France soit également suivi par tous les autres pays qui sont détenteurs dans des conditions extrêmement douloureuses d’œuvres qui ne sont pas des pays qui les accueillent aujourd’hui’’, a exhorté Ousseynou Wade.

Il a annoncé que la commission spéciale va travailler avec les représentations diplomatiques du Sénégal à l’étranger, pour identifier des œuvres sorties illégalement du territoire national.

La commission déjà à l’œuvre

Le travail de la commission spéciale a déjà commencé avec cet atelier, a-t-il expliqué, soulignant que la question de la restitution des œuvres d’art africain ne se pose pas en termes d’espace d’accueil.

‘’Les œuvres ont été illégalement sorties du territoire africain. S’il est évident que ces œuvres ont été extraites de façon autoritaire, ou par la ruse, nous avons l’obligation de les réclamer et faire en sorte que les conditions les meilleures du retour dans les pays d’origine soient effectives’’, indique le rapporteur.

Mais, pour la commission, il est nécessaire d’avoir ‘’la conviction que ce sont des œuvres qui doivent être retournées’’. Ce qui suppose d’‘’identifier, documenter, situer, faire la traçabilité des œuvres’’.

Les conditions de la restitution de ce patrimoine visé, qui est ethnographique, documentaire, audiovisuel, biologique, zoologique, etc., et les stratégies de conservation, de documentation, de promotion et de communication ont été discutées par les 12 membres de la commission et les directeurs des centres culturels régionaux conviés à l’atelier.

Le rapport Sarr-Savoy comme base de travail

La base de travail reste le rapport de Felwine Sarr et Bénédicte Savoy, publié en novembre 2018, suite à la volonté exprimée par le président français Emmanuel Macron de restituer les biens culturels spoliés à l’Afrique.

Le ‘’Rapport sur la restitution du patrimoine culturel africain. Vers une nouvelle éthique relationnelle’’ avait été commandité par le président Macron, à la suite de son discours à l’Université de Ouagadougou le 28 novembre 2017.

Selon Ousseynou Wade, la déclaration de Macron n’a été qu’un élément déclencheur. La question des œuvres africaines détenues dans les musées occidentaux avait été déjà posée depuis 1970, d’abord par les Etats et par l’UNESCO et des institutions régionales.

Le secrétaire général du ministère de la Culture et de la Communication, Habib Léon Ndiaye, a salué l’engagement des membres de la commission spéciale.

‘’Le ministère va œuvrer au suivi des actions phares inscrites dans ce plan d’action en relation avec tous les acteurs intéressés par cette question pour parvenir à l’objectif fixé, qui est celui de la restitution des collections sénégalaises détenues par les musées occidentaux’’, souligne-t-il.

Selon le rapport Savoy-Sarr, au moins 90.000 objets d’art d’Afrique subsaharienne sont dans les collections publiques françaises dont 70.000 au Musée du Quai Branly Jacques Chirac.

Source aps.sn